L'hommL'eL'et l'universL'

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Les origines du Noël moderne au Canada

 

La fête de Noël qui est célébrée de multiples façons au Canada moderne est par bien des côtés, typiquement canadienne, en ce sens qu'elle n'est pas seulement le résultat de traditions françaises, britanniques et américaines, mais qu'elle résulte de nombreuses autres traditions aussi. On peut situer avec exactitude l'époque où ce Noël moderne a fait son apparition au Canada, compte tenu du fait que Noël passait presque inaperçu au début du XIXe siècle. Toutefois, dès le début du XXe siècle, la fête de Noël est la fête la plus importante de l'année et elle prend les allures qu'on lui connait aujourd’hui.

Aux premiers jours de la Nouvelle-France, Noël était surtout une fête religieuse. En 1645, les colons français se réunirent dans une église de la ville de Québec pour assister à la Messe de minuit et entonnèrent Chantons Noé, un vieux chant de Noël qu'ils avaient rapporté de France. La procession de l'Enfant-Dieu et la présentation de la crèche (la représentation concrète de la Nativité) faisaient partie des activités incontournables de cette fête.

 

Les premiers Noëls chez les Premières Nations

La première mention faite d'une célébration de Noël par les Autochtones remonte à 1641. Jean de Brébeuf, un missionnaire jésuite qui vivait parmi les Hurons de la baie Géorgienne depuis 1626, avait composé un chant de Noël, « Jesous Ahatonhia » ou chant de Noël huron, dans la langue des Hurons, qui racontait l'histoire de la naissance de Jésus. Le père Brébeuf adapta son histoire, écrite en vers, pour qu'elle se conforme aux caractéristiques particulières de la culture autochtone. Ainsi, l'enfant Jésus était enveloppé dans une peau de lapin et non dans un drap de lin, il dormait dans un berceau d'écorce brisée et non dans une mangeoire. Les chasseurs remplacèrent les bergers, et touche finale, trois chefs des Premières nations prirent la place des Rois mages qui, au lieu d'offrir de l'or, de l'encens et de la myrrhe, offrirent à l'Enfant-Dieu des peaux de fourrure. Le chant « Jesous Ahatonnia » (Jésus est né) de Jean de Brébeuf s'est transmis, de génération en génération, chez les descendants des Hurons qui s'installèrent à Lorette, dans les environs de la ville de Québec. Aujourd'hui, les Hurons comme de nombreux autres peuples des Premières nations, continuent de fêter la Nativité tout comme ils rendent hommage à Sainte Anne, le 26 juillet, la grand-mère de Jésus, leur sainte patronne.

 

Les origines victoriennes du Noël moderne

Au Canada, dans les années 1870, Noël avait perdu une grande partie de son aspect religieux, du moins au Canada anglophone et dans la haute bourgeoisie du Canada francophone. Cette fête devint synonyme d'une fête familiale et communautaire. Les coutumes, telles que l'arbre de Noël décoré, les cadeaux que l'on donne et que l'on reçoit et le réveillon (l'éveil) de Noël s'ancrèrent dans les traditions familiales. À la fin du XIXe siècle, la plupart des caractéristiques familières du Noël moderne, y compris la figure du père Noël, la bûche de Noël, le houx et le gui, les chants de Noël et les sapins de Noël devinrent populaires. Nombreux sont ceux qui attribuent ces changements à la reine Victoria et sont convaincus que c'est son mariage au Prince Albert, né en Allemagne, qui fut à l'origine de quelques-unes des caractéristiques familières de Noël. Naturellement, les immigrants britanniques introduisirent ces coutumes au Canada. Ces nouvelles habitudes ne furent intégrées à la culture francophone que bien plus tard, au lendemain de la Première Guerre mondiale, avec l'ampleur que connut la publicité aux fins commerciales. Dans les années 1930, les classes ouvrières des deux groupes linguistiques du Canada avaient rejoint la « ruée » vers Noël.

Les premières cartes de Noël remontent à 1843, elles proviennent d'Angleterre et elles sont réalisées à la demande de Henry Cole. L'illustration sur la carte montre les membres d'une famille réunis dans la salle à manger, qui écoutent l'homélie de Noël. Onéreuse au départ, l'idée fit son chemin et de nombreux enfants furent encouragés à faire leurs propres cartes de Noël. À mesure que les frais de poste et d'impression baissaient, l'industrie des cartes de Noël prit son essor. Chaque année, des millions de cartes furent vendus au Canada, et ce, jusqu'à tout récemment. De toutes les traditions de Noël, celle-ci est véritablement menacée puisque les vœux électroniques envoyés par courriel, les e-cartes et les souhaits transmis par l'intermédiaire de médias sociaux remplacent peu à peu les vœux imprimés.

James H. Marsh (article incomplet de L’encyclopédie Canadienne)

 

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